De l’art de ne rien terminer

Chères lectrices,

J’ai un problème. Enfin, un parmi tant d’autres.

Mais je vais te parler du problème qui me chagrine le plus :

j’entreprends un tas de choses que je laisse à l’état d’esquisse, de projet, de rien du tout.

Depuis toute petite ce mal me touche.

J’ai commencé par vouloir faire du karaté, à 6 ans.

Mais ma timidité m’empêchait de faire des katas devant d’autres personnes et puis il y avait aussi ce garçon qui était amoureux de moi et qui ne me lâchait pas. Tu imagines bien à 6 ans, UN GARÇON, jamais de la vie, caca beurk. Là s’est achevée ma longue carrière de karatéka ceinture blanche.

J’ai tenté d’être la Laure Manaudou des années 90'.

La natation je n’aimais pas, le bonnet c’est chiant à mettre quand on a des cheveux longs, l’eau elle est froide, le moniteur il crie, les enfants sont méchants, et le pediluve il sent mauvais. J’ai 7 ans.

Ensuite il y a eu la danse classique et moderne jazz, avec ma meilleure amie.

J’étais aussi gracieuse qu’un hippopotame. La musique dans la peau. Saut de chat, pas de bourrée, arabesque, tout ça, tout ça non. Puis bon le spectacle de fin d’année c’était Cendrillon et je devais faire le petit page à 8 ans j’étais vexée de jouer un garçon, surtout que ma cavalière était un vilain boudin idiot (Anne-Lise si tu passes par ici, tu m’as traumatisée à vie, je ne t’oublie pas). Je pense que toute ma famille qui était présente ce jour là a eu de la peine pour moi, ma mère n’a pas insisté pour me réinscrire l’année d’après. NEXT!

(D’ailleurs si quelques personnes gardent des traces de ce spectacle, merci de détruire toutes les preuves)

Est venu l’heure pour moi de m’essayer au cheval.

Le cheval, cet être qui pue, qui te chie dessus sans aucun gène et qui te bave dans les cheveux. Oui, tu l’auras remarqué j’adore cet animal. Ça a commencé par cet enfoiré de Morphée qui m’a fait tombé alors que je le chevauchais en plein galop et qui a gardé mon pied accroché à son étrier. Puis les sauts d’obstacles, parlons-en : moi j’ai peur, et la monitrice avec sa barbouze me faisait peur aussi. Mais le moment décisif dans l’arrêt de ma grande carrière équestre c’est quand mes parents m’ont acheté la bombe, les bottes et la cravache.  Je n’y peux rien,  j’ai peur de l’engagement !

Vous l’aurez bien compris le sport n’est pas pour moi. Puis les princesses n’aiment pas transpirer.

J’ai donc voulu exploiter ma fibre artistique.

Me voici donc à prendre des cours de piano. J’étais au sommet de mon art quand tout à coup sans prévenir mes parents mon offert un magnifique synthétiseur pour Noël. Et là c’est le drame, plus d’inspiration. Un blocage artistique sans précédent.  Stop et fin tragique de ma carrière de pianiste au bout de… 6 mois !

La musique, très peu pour moi. Ce qu’il me faut c’est quelque chose où je puisse m’exprimer et être au summum de la créativité : la peinture !

J’ai été peintre un dimanche, l’année de mes 17 ans. Pour preuve de cette époque de ma vie, un  tableau (non achevé) accroché au dessus du lit de la chambre d’amis dans la maison de mes parents. Oui ma mère le trouvait « ma-gni-fi-que » (Bien essayé maman, mais non je ne continuerai pas).

Je fais partie des gens qui n’ont pas de passions ou un don particulier.

J’envie les personnes sportives, musiciennes, chanteuses, comédiens, qui ont du talent ou juste la volonté de faire quelque chose dans leur vie. Un passe temps. Réussir à se dépasser, à partager des choses.

J’ai sûrement d’autres qualités mais j’aimerai juste être douée.

En ce moment je m’essaye au tricot et à la photo…

Emeline, 22 ans.

ps : la photo n'a aucun rapport avec ce billet mais elle est chouette !

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4 Comments on De l’art de ne rien terminer

  1. flou
    21 octobre 2010 at 15 h 47 min (7 années ago)

    ah ah, un problème que je connais bien… mais qui n’en est pas forcément un… ce qui est bien au moins, c’est que tu as essayé plein de choses. ainsi tu n’auras pas de regrets, tu sais au moins ce qui ne te conviens pas… il te reste à trouver ton domaine! l’important, c’est de continuer de chercher, de tester, à un moment où un autre tu trouveras TON truc, ou du moins tu sauras pourquoi telle ou telle chose te plait moins/plus qu’une autre… l’idée c’est d’analyser le positif, pas de se dire « j’ai encore échoué »!

  2. admin
    22 octobre 2010 at 11 h 01 min (7 années ago)

    Oui, ma quête continue !
    C’est peut-être dû au fait j’aime faire trop de choses et que je suis curieuse, du coup j’ai du mal à m’investir et à me concentrer uniquement sur une seule activité. Un vrai papillon 🙂

  3. franz
    12 novembre 2010 at 15 h 54 min (7 années ago)

    Je suis aussi comme ça et pas que pour les activités. A la maison, je commence dix choses des mille projets que j’ai en tête et je n’en finis aucun… A la première difficulté, je baisse les bras et même au boulot, je ne classe par les dossiers pour les achever. Cela me mine, et des fois je me force à boucler un ou deux trucs vieux, quand ça n’a plus aucun sens généralement. Ou je les garde en l’état. Inachevé. ça me mine mais au fond ça m’est égal. Je ne vois pas l’intérêt de tout bien finir. Je préfère les débuts, quand on bouillonne de créativité. La fin c’est un peu la mort. C’est peut-être cette peur là qui se cache derrière….

  4. admin
    12 novembre 2010 at 17 h 35 min (7 années ago)

    En effet les débuts c’est toujours ce qu’il y a de plus « excitant ».
    Je crois qu’en ce qui concerne les taches à la maison et au boulot je fonctionne avec des « to do liste » j’écris tout ce que j’ai à faire le jour même et au fur et à mesure je barre ce qui est fait et crois moi ça fait plaisir de voir la liste diminuer au fil de la journée 😉